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19 Septembre 2009
STADE MONTOIS BASKET. En 20 ans, Armelle Delhoume est passée par tous les postes clés du club jaune et noir
Du banc au fauteuil. En 20 ans au Stade Montois féminin, Armelle Delhoume aura officié à tous les postes clés. Joueuse, entraîneur. Et depuis dix ans présidente. « Déjà dix ans », soupire-t-elle. Un destin en jaune et noir empreint d'une certaine logique mais à l'origine dicté par le hasard.
Sans des soucis dorsaux récurrents, Armelle l'Auvergnate n'aurait vraisemblablement jamais poussé la porte de la salle Sarraute. Nous sommes en 1989. Opérée d'une hernie discale, la joueuse est prêtée au Stade Montois par son club de l'époque. L'ailière arrive de Bordeaux-Waïti, qui navigue en N1A, l'élite d'alors. Elle ne débarque pas seule. Dans le même temps, Hélène Requenna, qui a cajolé la sphère orange avec elle en Gironde, signe son retour sous les couleurs de ses débuts. Un retour définitif.
Pour Armelle, qui au départ n'était supposée faire qu'un bref passage, le séjour va s'éterniser. « Je suis tombée amoureuse de la région ». Comme le public des berges de la Midouze s'est rapidement amouraché de son shoot soyeux. À Mont-de-Marsan, Delhoume arrive précédée du statut de « meilleure joueuse de sa génération ». Formée à l'AS Montferrand, elle n'a que 16 ans quand elle revêt le maillot du cultissime CUC. Le Clermont Universitaire Club avec lequel elle disputera une coupe d'Europe (1985-86). Dans l'intervalle, l'espoir tricolore suivra la filière fédérale qui lui vaudra d'obtenir maintes capes internationales en cadette et junior. Des bagages qui vont lui permettre de voyager sans problème au sein de l'effectif montois, en Nationale 3 féminine. Requenna à la baguette, Delhoume à la finition.
L'emblématique duo va faire ses preuves jusqu'en 1998. L'année de la rechute. Opérée d'une troisième hernie discale, Armelle fait acte de sagesse et remise les baskets. « À cette même époque, Dominique Dagès (disparu cet été) avait fait part de sa lassitude et souhaité quitter la présidence », raconte l'intéressée. Pas franchement emballée pour lui succéder, Armelle se laisse finalement convaincre par Jacques Dorgambide d'assurer l'intérim. Le provisoire dure maintenant... depuis 10 ans. « Mais avant d'être une dirigeante, je suis une basketteuse », plaide celle qui tous les mercredis après-midi transmet avec patience et passion son savoir-faire à l'école de basket jaune et noir.
24 heures se suffisent pas
Une décennie s'est écoulée depuis son installation sur le fauteuil de présidente. Et à l'entendre, ces dix saisons n'ont pas eu raison de sa motivation, « même si c'est de plus en plus difficile », insiste-t-elle. Armelle évoque une fonction passionnante mais chronophage. Réunions, gestion de l'équipe 1, du sponsoring... Bref, 24 heures ne suffisent parfois pas pour expédier les affaires courantes du club, et « jongler en même temps avec sa vie professionnelle (elle est îlotière à Mont-de-Marsan) et familiale », souligne la maman de la petite Victoire, 5 ans. « Heureusement, il y a un noyau dur de dirigeants qui m'aide. Mais on est quand même content quand arrive le mois de mai ! »
Armelle ne recherche ni les lauriers, ni la gloriole. « Moi, ce qui me fait avancer, ce sont mes couleurs, mon club, ma ville. » Si cet investissement de chaque instant, « pour que tout ça perdure », se révèle souvent pesant, quelques signes de reconnaissance, fussent-ils infinitésimaux, suffiraient à alléger la peine des bénévoles. « Or, les parents et les enfants d'aujourd'hui sont beaucoup plus exigeants, remarque-t-elle à regret. Beaucoup partent du principe que dans un club, ils ont tous les droits, que tout leur est dû. Et que la présidence peut tout régler ! » Elle hoche la tête de gauche à droite.
Omnipotente Mme la présidente ? Loin s'en faut. Multicartes en revanche, certainement. Un jour assistance sociale, un autre VRP et le suivant maman poule. Même si elle concède que le relationnel se délabre au fil du temps - « il y a de moins en moins d'échanges » - elle cultive des rapports très maternels avec ses joueuses. « Mes gosses », comme elle dit. « C'est peut-être mon tort, mais d'un autre côté, au moindre souci, elles m'appellent. » Il faut dire que depuis dix ans, Armelle a vu pousser la majorité des équipières premières d'aujourd'hui, actrices des exploits d'hier. Et depuis 10 ans, les motifs de satisfactions sportives sont légion.
« Le beau basket »
Mais au-delà du résultat brut, Armelle dit avoir toujours privilégié la manière. « Moi, je suis heureuse quand mes joueuses pratiquent un beau basket. D'ailleurs, si je n'étais plus en adéquation avec ce que préconise Hélène (Requenna), à savoir un basket technique où le beau geste est mis en avant, j'arrêterais de suite. Pour l'instant, on reste sur la même longueur d'onde. Ma priorité en tant que dirigeante reste donc de pérenniser son emploi à plein temps, indispensable à la survie du club. » Car, depuis dix ans, le Stade Montois féminin n'a qu'un seul credo : la formation au sens large du terme. « Autant je ne fixe pas d'objectif sportif précis, autant j'insiste sur le fait que les joueuses suivent des formations d'éducateurs, d'arbitres. » Dans le même temps, le Stade Montois continue de capitaliser sur le potentiel de sa pépinière, en intégrant, faute de renfort extérieur, deux cadettes du cru à l'effectif senior (Amélie Garbage et Marion Brettes).
Le retour des Montoises - exilées l'an dernier dans la poule Grand-Ouest - dans « la poule des Landaises » inquiète bien davantage la présidente. « Les filles en ont décidé ainsi, elles devront assumer ce choix. Mon budget va s'en sentir mieux, mais j'espère que sportivement, ça ne tournera pas à la catastrophe », souligne la garante de la santé sportive et financière du club.
Dans ce contexte, le Stade Montois tentera de se classer dans les cinq premiers de sa poule de N3F. « La priorité est de rester en championnat de France si l'on veut conserver notre attractivité, en attendant les trois ou quatre merveilles qui nous permettront de regarder à nouveau vers le haut. » Armelle Delhoume espère ne pas avoir à patienter dix ans de plus pour voir ça.