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19 Août 2009
Certain diront le Boomerang un sport ?, Je leur répondrais essayé. Il y a plus de 20 ans, j'ai pratiqué ce lancé en club.
Nous étions une poignée à bagatelle, près du terrain de polo. Voici pourquoi je passe l'article sur Stéphane.
LABASTIDE-CLAIRENCE. Stéphane Marguerite fabrique des boomerangs.

Une fine tranche de liberté. Voilà ce que les ailes d'un boomerang découpent dans les airs. La trajectoire est élégante avec, pour quelqu'un de pas trop malhabile, retour au point de départ. Stéphane Marguerite, dans son atelier de Labastide-Clairence élabore ses boomerangs. Joli métier.
Né Mayennais, Stéphane (âgé de 43 ans) s'exprime avec une belle pointe d'accent importée de Montréal où il a migré à 24 ans. À l'époque, il fabriquait des maquettes d'architectes, des décors de ciné... et aussi des boomerangs qu'il lançait depuis l'adolescence.
Double vie
Il a repris ses deux activités au Québec. Trois ans plus tard, il plaquait les maquettes pour se consacrer uniquement à son entreprise Wallaby boomerang. L'activité s'est développée, mais Stéphane a touché la limite : « Le Canada est le plus grand pays du monde, mais le potentiel n'est pas extraordinaire. Les meilleurs lanceurs, les plus grandes compétitions se déroulent en Europe. »
Retour à la case France. Il vit désormais six mois de chaque côté de l'océan, au gré des salons, de la fabrication et des compétitions. Ils sont trois en France à fabriquer ce drôle d'objet vieux de 15 000 ans. Chaque pièce est unique, de la découpe à la décoration en passant par le ponçage et le vernissage. Stéphane signe chaque pièce, comme la crème des artisans.
« C'est un métier d'art, une activité écologique, durable », explique-t-il. Un client demande un paquet cadeau : « Désolé, je suis contre le multi-emballage, je peux en revanche vous proposer un sac en amidon de maïs biodégradable. » Le client est emballé.
« De plus en plus, on trouve mes boomerangs dans les magasins bio... Surtout depuis que je les fabrique dans du contre-plaqué de bambou ». Avant, comme les autres, il utilisait le bouleau de Finlande. 30 à 50 grammes par unité.
L'autre travail de Stéphane consiste à faire parler du boomerang. « On est un sport amateur, sans argent, explique-t-il. Les gens n'ont pas toujours une bonne image. » Dans l'imaginaire, boomerang est associé à arme de chasse. « Ils confondent avec le bâton de jet qui servait à assommer sa proie voilà quelques milliers d'a nnées. »
Ce bâton ne revenait pas au lanceur. Le plus vieux (23 000 ans), fabriqué dans une défense de mammouth, a été trouvé en Pologne. Le reste tient aussi du mythe. « La forme peut varier à l'infini », quant à l'Australie, oui sans doute, mais ailleurs également.
En fait, il n'y a pas plus pacifique que cet objet. Il aime son lanceur au point de revenir à lui pour peu qu'il ait appris à lancer. Son prix ? Entre 19 et 27 euros. Pas ruineux pour une création 100 % unique qui, l'hiver venu, peut devenir décoration.
www.wallabyboomerangs.com
Auteur : Dominique Bayle-Siot
d.baylesiot@sudouest.com